La vache et son petit veau fantôme
Les prés jouxtent les rues du village et les vaches vous regardent passer. Laura vient en bordure du pré. Les vaches arrivent et une véritable communication s’établit :
« Bonjour, nous sommes contentes de te voir. Comment vas-tu ? Il fait froid aujourd’hui. Il a encore gelé ce matin. Nous voudrions bien que le printemps arrive vraiment … »
Ce jour là une vache était isolée des autres grâce à des barrières de bois mobile. Il en est ainsi quand une vache vient de donner naissance à un petit veau suppose Laura. La vache est en train de nourrir son petit. Quel tableau touchant de voir le veau téter sa mère. Pas de conversation ce jour là mais un échange de regards qui en dit plus long qu’un grand discours.
Laura ne repassa plus à pied au bord du pré pendant un certain temps. Le jour où elle le fit le petit veau avait bien grandi. La vache vint accueillir Laura lui présenta son petit veau. C’était flagrant car elle regardait Laura puis tournait la tête vers le veau et regardait Laura pour voir si elle avait bien vu. Laura lui dit combien son petit était mignon et combien elle devait être fière de lui. Soudain la vache se mit à gambader en tous sens, son veau à ses côtés. Elle retournait la tête de temps en temps vers Laura comme pour lui dire :
« Regarde mon petit veau ! Vois comme il est fort ! Vois comme il court bien ! »
Puis elle revenait au bord du pré vers Laura attendant qu’elle lui communique combien elle admirait et combien ils étaient beaux et adorables.
Ce petit jeu dura quelque mois avec le même rituel puis, un jour, Laura passa et constata qu’il n’y avait plus de petit veau. La vache était là, toute seule. Elle vint près de Laura. Elle avait le regard triste. C’est fou ce que les yeux d’une vache peuvent communiquer quand on y prête attention. Ne croyez pas que les vaches ne comprennent pas ce qui arrive à leur petit quand on l’emmène loin d’elle. Quelques jours plus tard Laura passe au bord de l’enclos. La vache est toujours là mais cette fois elle vient dire bonjour à Laura elle tourne la tête de côté comme elle l’avait fait pour lui faire admirer son petit veau. Puis soudain elle se retourne et se met à gambader joyeusement en tournant la tête comme pour montrer son petit gambadant lui aussi à ses côtés. Laura réalise soudain que la vache croît son petit veau à ses côtés. Peut-être que le fantôme du petit veau est là pour consoler sa mère. Extraordinaire interprétation de Laura ? Je n’en suis pas si sûre !
Qui sauve le patrimoine de la Bourgogne ?
La Bourgogne est couverte de châteaux, manoirs, villages médiévaux, vieilles maisons situés dans des endroits magiques et quelquefois très isolés. Ces biens sont souvent en bien piètre état et leur restauration demande une petite fortune.
Acquérir un château demande un porte monnaie bien rempli, un coup de cœur, une presque vocation et une énergie et un courage sans faille. Il est vite fait de remarquer que de nombreux anglais se sont ainsi installés en Bourgogne. Cela va se la simple maison dans un joli village loin des sentiers touristiques jusqu’au château voire à l’abbaye. Ils investissent surtout dans des projets touristiques qui vont du simple café de bord du canal, au camping trois étoiles, à la grande maison, manoir ou château pour chambres d’hôtes et à l’abbaye reconvertie en Relais et Châteaux.
Dans ce contexte, l’abbaye de la Bussière sur Ouche a une histoire intéressante. Curieusement, elle avait été fondée en 1131 par un anglais, eh oui ! C’était un abbé de Cîteaux qui s’appelait Etienne Harding. Après le départ des moines, elle a servi de maison de retraite spirituelle sous l’égide d’associations loi de 1901, ces associations furent obligées de la vendre en 2005. Cela ne se fit pas sans mal car l’acquéreur était un anglais qui avait pour projet d’y implanter un restaurant de luxe et une hôtellerie Rrelais et Châteaux. Il y eut des pétitions et cela fit beaucoup de bruit à l’époque. En fait les acheteurs Joy et Martin Cummings voulaient acquérir le château de Loizerolle, un charmant petit château inconnu, loin de tout et pas facile à trouver par des touristes non avertis. Ceci se passait en 2002 mais il y avait des difficultés de succession qui firent que les Cummings achetèrent finalement l’abbaye. La reconversion de l’abbaye es restaurant et Relais et château à coûté quelque chose comme 15 millions d’euros. Qui serait capable de faire ça ? De riches français ? Certes pas car ils préfèrent l’évasion fiscale et l’évasion tout court.
Le château de Loizerolle a fini par être transmis à la famille Cumming en décembre 2009. Il faudra compter environ 6 millions d’euros pour restaurer ce joyau que nous avons découvert par hasard en prenant une petite route à l’aventure entre La Bussière sur Ouche et Commarin. Il est vraiment situé hors des sentiers battus et il apparaît sous vos yeux comme un rêve car en général en empruntant de telles routes, on atterrit plutôt dans des hameaux quasi abandonnés, voire dans une cour de ferme. Mais Denis, chasseur d’images, ne recule devant rien et c’est comme cela que nous découvrons des trésors. Vous pouvez regarder une photographie du château de Loizerolle dans son blog de photos en noir et blanc. Le billet est intitulé : The British Are Back. Il s’agit d’humour bien entendu.
Pour le moment le parc est restauré et la toiture a été refaite. Remercions les anglais pour la sauvegarde du patrimoine bourguignon et honte aux français fortunés qui ne s’intéressent pas aux trésors de leur propre pays.
Adieu à la légèreté des jeunes années
Eric Charden est décédé. La légèreté de la fin des années 70 se traduit bien dans sa chanson « l’été sera chaud». Pour moi cela évoque les vacances de ces années de jeunesse, les danses endiablées à la discothèque, les soirées sur le sable encore chaud le regard perdu dans les étoiles, les étincelles d’or jaillissant dans l’eau de la méditerranée et l’insouciance des jours d’été. Adieu la superficialité de la jeunesse ! Tendres souvenirs oui ! Nostalgie pourquoi ? C’est bien mieux la sagesse et la zénitude !
Qui vivra verra !
Comment juger des évènements de notre vie et du monde ? On ne voit qu’un si petit bout de la réalité. Ce que nous vivons individuellement et collectivement est-il bon, est-il mauvais ? Nous n’en savons pas grand-chose. Pourquoi s’angoisser ? Pourquoi se réjouir ? Pourquoi juger ?
Je ne puis résister à raconter cette histoire Zen qui est sans doute très connue et bien présente sur le net sous diverses formes car cela correspond à mon humeur du moment. Cela est censé me rassurer sur ce que l’avenir nous réserve.
Il y a très longtemps un pauvre paysan n’avait pour toute famille qu’un fils et pour tout bien qu’un cheval. Un jour son cheval est volé. Tout le monde autour de lui le plaint pour cette perte incommensurable. Mais le vieux paysan qui n’était pas pourtant d’origine normande répondit :
« P’tête ben qu’oui. P’tête ben qu’non ! »
Sur ce le cheval rentre amenant avec lui trois chevaux sauvages ce qui pouvait lui assurer une fin de vie à l’abri du besoin. Tout le monde autour de lui le félicite pour cette chance inouïe. Mais le vieux paysan répond :
« Qui vivra verra ! »
L’unique fils tente alors de dresser un des chevaux sauvages et, ce faisant, il tombe et se casse une jambe. Ceci l’empêche de travailler aux champs et de survenir à ses besoins et à ceux de son vieux père. Tout le monde autour de lui pense que ce qui leur arrive est terrible.
Mais le vieux paysan répond :
« Je n’en sais rien ! »
Un mois se passe et les recruteurs de l’armée du roi enrôlent de force tous les hommes valides du village. Le vieux paysan et son fils sont épargnés. Vous voyez ce que les femmes du village lui dirent et ce que le paysan répondit.
On pourrait continuer l’histoire. Si l’on n’y prête attention, on peut examiner les évennements passés de notre vie et voir que les problèmes se résolvent avec le temps. La sagesse populaire parle d’un mal pour un bien. On ne peut guère juger de la réalité dont le sens nous échappe. On ne peut que vivre dans l’instant. C’est l’instant seul qui est vécu car il est hors du temps et de l’espace.