Premier jour printanier

voiture rouge

Le sauveur est en chemin

Vous ne connaissez pas Isabelle. Elle parait fragile. Son entourage croit volontiers qu’elle ne peut pas vivre sans leur aide. Voyez pourquoi : elle est la championne des oublis. Elle oublie ses clés, dans sa voiture, au bureau, à la maison. Elle utilise son automobile comme si celle-ci n’avait jamais besoin d’essence ni de révision. Lire les notices d’utilisation des appareils ménager ne lui semble pas essentiel. Il y a certainement plus intéressant dans la vie. Elle n’utilise pas sa machine à laver la vaisselle car c’est trop de tracas d’avoir tout ce qu’il faut, le liquide de rinçage, le sel, les pastilles de produit lavant. En plus il est recommandé de rincer la vaisselle avant de la placer dans le lave vaisselle et il faut ensuite retirer et ranger la vaisselle ensuite. Il reste d’ailleurs à laver à la main les casseroles attachées et divers matériaux de cuisine !. Isabelle ne tient à faire que ce qui l’intéresse vraiment et elle oublie le reste.

Quand elle était toute petite, elle ne mangeait pas grand chose. Sa maman alarmée a consulté le pédiatre à ce sujet et ce sage praticien lui a répondu que manger n’intéressait pas Isabelle. « Laissez la faire. » a-t-il dit. « Soyez sûre qu’elle ne se laissera pas mourir de faim. » Ceci résume bien son caractère. Elle se débrouille très bien quand il le faut et elle trouve toujours le moyen de se sortir des difficultés qui se présentent sur son chemin. Parfois les solutions de ses problèmes sont pour le moins étranges et à la limite de l’extraordinaire.

Voyez un peu ce qui lui arrive par un bel après midi ensoleillé de début avril. L’air printanier lui donne ce jour là l’envie d’aller prendre un bain de nature, d’air pur et de soleil. Elle prend sa petite voiture blanche et part à l’aventure sur les petites routes de campagne. Soudain s’offre à sa vue un champ rempli de jonquilles : une merveille de corolles jaunes. Il faut traverser un autre champ pour l’atteindre mais cela n’effraye pas Isabelle. Elle se gare plutôt mal que bien sur le bord de la route en manquant de peu le fossé et part à la cueillette des jonquilles d’or. ( Pour être tout à fait correcte je devrais les qualifier du nom de narcisses parait-il ? ) Elle ne met pas beaucoup de temps pour avoir un bouquet de bonne taille et revient près de sa voiture. Elle place le bouquet sur le siège à coté d’elle et reprend la route.

Il lui faut bien peu de temps pour constater qu’elle a un pneu à plat. « Mon Dieu » se dit-elle. « Comment vais-je faire ? » Non seulement elle ne sait pas remplacer la roue à plat par la roue de secours, mais vous pensez bien qu’elle n’a même jamais vu où se trouve la roue de secours et le cric dans sa voiture. Elle fouille fébrilement dans son sac. Catastrophe ! Elle n’a pas pris son téléphone portable. Que faire sur cette petite route où pas un chat ne passe ? Que faire si ce n’est essayer de changer la roue malgré tout par elle même. Elle trouve le cric et la roue de secours et s’apprête à commencer en respirant un grand coup.

Elle ne s’aperçoit pas qu’une voiture de sport rouge s’est arrêtée à sa hauteur. Elle n’a pas le temps de se demander pourquoi elle ne l’a ni vue ni entendue arriver. « Voulez-vous que je vous aide Madame ? » dit l’homme aux tempes grises tout en sortant de son cabriolet. Isabelle ne se fait pas prier et l’homme s’empare du cric.

« Quelles belles jonquilles vous avez ! » dit-il en voyant sa moisson d’or sur le siège. « Où les avez-vous trouvées ? »

« La-bas dans le champ un peu plus haut à l’orée de la forêt » répond-elle.

« Pourriez-vous aller m’en ramasser quelques unes pendant que je change votre roue ?. »

Isabelle acquiesce et se précipite vers le champ de jonquilles. Regardez la bien, elle a eu la prudence d’emmener son sac qui contient papiers et clés. Son inconscience a des limites. L’homme la regarde partir et sourit. Isabelle se hâte et il ne lui faut pas plus de cinq minutes pour moissonner les fleurs. Elle se retourne : la voiture rouge a disparu. Elle court vers sa voiture. La roue est bien changée et le pneu crevé a été replacé dans la voiture ainsi que le cric. Isabelle hoche la tête et reprend le volant. La voilà une fois de plus tirée hors d’affaire !

Que pensez-vous d’Isabelle ? N’y a-t-il pas un petit peu, beaucoup … à la folie d’Isabelle en chacun et chacune d’entre nous ? Qu’en pensez-vous ?

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 27/03/2011, dans sérendipité. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Premier jour printanier.

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