La dernière dame de Châteauneuf

dame du moyen âge

En ce 31 mai 1419 une petite fille voit le jour entre les murs de la forteresse de Châteauneuf en Auxois. Elle est le premier enfant de Guyot de Châteauneuf et d’Isabelle de Plancy. Son enfance est choyée et heureuse. A 18 ans, elle épouse Henri D’Asnet, un mariage d’amour. Elle donne naissance très vite à un petit garçon prénommé Jean. Catherine a 20 ans. La période heureuse de sa vie se termine.

La peste noire gagne Châteauneuf en Auxois dès le début de l’année 1439. L’enfant, l’époux chéri et la mère de Catherine disparaissent dans la même semaine. La jeune femme est inconsolable. Elle reste seule avec son père : interminables journées de pleurs entre les murs du château. Le père décède deux ans plus tard. Chagrin et solitude forment un très mauvais mélange. Catherine n’en peut plus. Au bout de six ans de cette vie débilitante, Catherine pense à tort qu’un mariage peut changer sa vie. Elle épouse Jacques d’Haussonville, un veuf de 50 ans qu’elle suit dans son domaine en Champagne. Elle quitte donc ces murs de Châteauneuf en Auxois qui ne lui inspirent plus que détresse. Elle ne les reverra plus.

Mais que trouve-t-elle dans son exil champenois ? Une belle famille haineuse qui ne voit pas d’un bon œil cette jeune femme qui pourrait détourner une part d’héritage et un mari qu’elle n’aime pas et qui le lui rend bien. Il va même jusqu’à la battre régulièrement. Alors Catherine se jette au cou de l’intendant de son mari de 10 ans son cadet et en tombe follement amoureuse. Elle perd la tête. Elle envoie son amant à Épinal acheter de la poudre de caverne, une poudre rouge très toxique composée d’arsenic. Elle confectionne un magnifique gâteau qu’elle saupoudre généreusement de cette poudre de caverne et l’offre à son mari pour dessert. Le pauvre homme agonise dans d’atroces douleurs durant 6 jours et décède le 24 novembre 1455.

Un crime n’est jamais parfait. Une jeune servante décède dans les mêmes conditions au même moment. Elle a sans doute voulu goûter à ce succulent gâteau. Ceci confirme les soupçons des beaux frères qui demandent au bailli de Chaumont d’ouvrir une enquête. Aussitôt Catherine est conduite et enfermée à la conciergerie de Paris. Elle y est soumise à la question de l’eau et avoue son crime sous la torture. Force détails lui sont demandés et ses réponses sont consignées dans un énorme rapport ce qui, paraît-il, est assez inhabituel à cette époque. Elle est condamnée à être brûlée vive comme une sorcière, ce qui fut fait le 14 mars 1456 sur la place du marché aux cochons à Paris. Ses cendres furent dispersées au vent.

Ainsi disparut la dernière dame du nom de Châteauneuf. Châteauneuf en Auxois fut alors récupéré par le duc de Bourgogne, vendu à l’encan et acquis par Philippe Pot, chevalier de la toison d’or et grand sénéchal de Bourgogne.

Source : La plupart des éléments de cette histoire proviennent du livre de Michel Barastier « Châteauneuf aux vents de l’histoire ».

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 25/08/2011, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. J’adore ce genre d’histoire ! merci !!

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