Fardeau

Lydia est allongée dans un hamac placé entre deux arbres dans le jardin. Elle somnole en écoutant le chant des oiseaux et soudain elle entre dans un rêve étrange. Elle est tout à fait consciente de réver ce qui est une sensation déroutante car c’est la première fois qu’elle expérimente un rêve éveillé.

Elle se voit marchant sur un chemin rocailleux et pourvue d’un baluchon vide qu’elle porte sur son épaule gauche. Soudain elle a une vision, un lointain souvenir ou elle s’est sentie trahie. La vision s’en va comme elle était venue et une voix venant de nulle part lui suggère de marquer ce souvenir en ramassant une pierre sur le chemin et en la plaçant dans son baluchon. Lydia s’exécute.

Un deuxième flash apparaît et elle se revoit folle de rage et de peur devant une injustice flagrante. Elle ramasse la grosse pierre qui se trouve à ses pieds et continue son chemin dans la forêt. Alors passe devant ses yeux toutes les situations de sa vie où elle a subi des contrariétés, où elle s’est trouvée passablement irritée, où l’anxiété l’a empêchée de dormir, où les frustrations, les sentiments d’impuissance, les doutes qui l’ont empêchée d’agir. A chaque fois elle ramasse un caillou plus ou moins gros et le place dans un baluchon qui devient de plus en plus lourd.

Et cela n’est pas fini. Là, devant elle, un énorme tas de grosses pierres bouche le chemin et l’empêche d’aller plus avant. Elle ne tarde pas à comprendre. Les plus grosses pierres à ramasser proviennent des sentiments de culpabilité, des hontes, des déceptions qu’elle a ressentis. Elle est surprise cependant par la grosseur des pierres provenant des situations de tristesse et de tension dans les relations humaines. Le tas devient plus petit. Cependant il reste deux énormes pierres. Deux énormes pierres que Lydia peut à peine soulever. Comment ses deux pierres vont-elles pouvoir entrer dans un baluchon qui déborde déjà ? La première est la pierre du désespoir qu’elle a vécu lors d’une rupture et la seconde celle du stress permanent de sa vie. Elle parvient à les soulever à grand-peine et curieusement elle peut les placer dans le baluchon qui s’enfle et devient aussi large que le chemin et atteint la hauteur des arbres. Elle ne va pas pouvoir le placer sur son épaule et continuer son chemin.

Elle essaye tant bien que mal de le traîner. Que va-t-il se passer s’il se rompt et qu’elle doive le réparer et replacer dedans tous les cailloux échappés ? Encore une anxiété et un stress inutile car elle parvient à tirer le baluchon quelques mètres jusqu’à un virage du chemin depuis lequel elle découvre un charmant petit pont de pierre qui enjambe un cours d’eau. Elle sent qu’elle doit et peut se débarrasser de toutes ses pierres qui encombrent sa vie en les jetant par dessus le pont. Elle lance dans l’eau chaque pierre, l’énorme pierre du stress disparaît dans un grand plouf, celle du désespoir projette ses éclaboussures jusque sur le pont. Les oiseaux se mettent à chanter de toute part. Lydia se débarrasse alors une à une les pierres des tensions, des tristesses et des déceptions, puis celles des sentiments de honte, de culpabilité et d’impuissance, des doutes, des frustrations, de toutes les anxiétés, les irritations, les contrariétés, les peurs, les colères et les trahisons. Lydia se sent toute légère. Plus aucune négativité provenant de son passé ne vient alourdir son présent. La joie, la sérénité, la santé peuvent être siennes. Elle ouvre les yeux en souriant à la vie.

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 15/10/2011, dans sérendipité. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. ah si c’était si simple … 😉 en tout cas jolie façon de repartir le coeur léger 🙂

    • Pas si simple, certainement. Peut-être à faire et à refaire symboliquement … peut-être un bon remède car cela nous rend malade. La vieillesse, la maladie, le fardeau du temps ! 🙂

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