Adieu gentille tourterelle

Un matin cette semaine, nous avons eu la surprise de découvrir notre pelouse occupée par une multitude de tourterelles. Celles qui n’avaient pas trouvé de place sur la pelouse étaient perchées sur les fils électriques qui nous entourent. Et il régnait un grand silence. Aucun cri. C’était vraiment très bizarre : aucune trille, pas une roucoulade ! D’habitude elles font un tapage invraisemblable le matin, tapage qui met en colère un de nos voisins qui ne peut supporter d’être réveillé par elles le dimanche matin.

Denis sortit alors sur la terrasse et tenta de les appeler. Mais le silence lui répondit et quand elles le virent, toutes celles qui étaient rassemblées sur la pelouse s’envolèrent grossir les rangs de plus en plus serrés sur les fils électriques. Les bruissements d’ailes de l’envol puis le silence épais fut de retour.

C’est alors que nos yeux se portèrent sur ce qui apparaissait comme une tâche grise et blanche au milieu de l’herbe verte de la pelouse. Nous regardons alors de plus près et que découvrons nous ? Un tas de plumes, un beau tas de plumes blanches et gris beige rosé, pas de sang, pas de carcasse, pas de tête, ni de bec, ni d’os : seulement un tas de plumes, les seuls restes d’une tourterelle disparue et sans doute dévorée cette nuit par un prédateur affamé. Qui était l’auteur de ce forfait ? Un chat ? Un renard ? La bête avait tout avalé.

Les tourterelles perchées nous regardaient toujours silencieuses et calmes. Nous étions penchés respectueusement sur les restes de leur congénère. Cela ressemblait à un vrai cérémonial d’adieu. Je ne peux pas parler de funérailles car il n’y avait pas d’enterrement, mais il y avait la douleur que l’on sentait pesante et le respect du mystère de la séparation.

Nous rentrâmes dans la maison en silence. Cette observation pose quelques questions. Est-ce que ce comportement à été observé chez des oiseaux ?
D’après Wikipédia :
« Les anthropologues considèrent généralement que les rituels funéraires sont un des fondements du passage à la civilisation. »
et un peu plus loin dans l’article :
« Des comportements évoquant des rites funéraires ont été observés chez les animaux comme les éléphants et les hippopotames. »
Ont-ils été observés chez les tourterelles ?
Je vous raconterai plus tard une autre histoire étonnante de comportement d’oiseaux devant le décès de l’un d’entre eux : le signe d’une vie sociale et culturelle de ces animaux. Je ne sais pas ce qu’en pensent les anthropologues ? Ces animaux sont-ils en mutation, font-ils un petit saut dans leur évolution ? Hé bien, il est urgent que l’homme fasse de même et qu’il accomplisse lui un grand saut dans son évolution : un saut qui pourrait lui permettre de respecter la vie, la nature, de la protéger et de ne pas la détruire et l’exploiter aveuglément et sans un regard pour ces autres lui-même que sont les humains, les animaux, les plantes, la terre, les étoiles et l’univers dans son ensemble. Les tourterelles, tout comme nous sont des poussières d’étoiles.

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 08/12/2011, dans animaux. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. J’ai lu avec intérêt cette incroyable histoire et, je pense également qu’avec un peu moins d’indifférence la race dite humaine, se porterait un peu mieux.
    Bonne journée.

  2. vraiment interessant comme histoire. J’ai aussi des tourterelles dans mon jardin (quoique je ne sois pas sûre de leur « race », elles sont gris/rosé, et totalement silencieuses à ce jour).
    en effet pour reconnaitre l’évolution humaine durant la préhistoire la reconnaissance de l’humain est le rite funéraire, qui m’ont toujours impressionnée (à Lascaux on sent que nous sommes identiques).

    par contre sur les humains actuels je ne suis pas d’accord avec l’analyse qui en est faite.
    Ce sont les industriels qui sont les vrais fautifs. Les consommateurs n’ont jamais demandé tant d’emballage par ex., les fumées sont les usines, les cours d’eau…… ce n’est pas le verre à dent du soir qui……… c’est de la propagande.
    Voir Durban : ils repoussent encore. Ils ne veulent pas de règlement. Ils s’en foutent des autres. C’est comme les banksters.

    • Merci Annie. Tu as un jardin ! C’est bien agréable et même indispensable d’avoir un contact avec la nature. 🙂

      Oh les humains ! Nous sommes tous fautifs mais les riches, tout au moins ceux aui sont insatiables, le sont plus que nous sans doute. Qu’est-ce qui a été dit : « Il est plus facile pour un chameau … » ? Maigre consolation !

      Je voulais dire que mon opinion est que seul plus de contact et d’harmonie avec la nature peut nous sauver.

      Tiens, j’ai trouvé cet article intéressant

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