Zénon, Crise et Dégradation


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Il y a peu, en fait le lendemain de l’annonce en fanfare de la perte de notre triple A, le maire offrait ses vœux aux villageois rassemblés pour l’occasion. Il y avait aussi des élus de la communauté de communes, cantonaux et régionaux, bref, l’évènement local. Et bien sûr ces messieurs et dames, puisque nous sommes soi-disant en voie vers la parité, nous ont fait des discours. Une phrase m’a frappée par sa pertinence. Je ne vais pas la rapporter de manière exacte mais j’espère que j’en respecte le sens :

« Les habitants du villages, du canton, de la région, les gens d’en bas, vous et moi, nous sommes responsables de notre bien être. Nous saurons nous organiser. La solidarité n’est pas un vain mot. Peu importe un A de plus ou de moins, ce n’est pas vraiment notre problème. »

Je ne sais pas si cela rassure le bon peuple mais les habitants de la campagne ont des qualités de pensée et de vie essentielles :

  • Ils n’écoutent pas les bobards et on ne leur fait pas prendre des vessies pour des lanternes.
  • Ils sont proches de la nature et la comprennent.
  • Ils vivent plus en tenant compte de leur intuition et vivent dans le moment présent.
  • Ils vivent lentement et pour eux le temps n’existe pas vraiment.
  • L’agitation frénétique et le mouvement sont pure folie à leurs yeux …

Cela m’a rappelée un billet récent de SZarah sur la crise. Il vous faudra le lire cher lecteur et lectrice, car je ne permettrais pas de le paraphraser, si vous êtes curieux de savoir ce qu’il contient. Elle y fait une analogie avec la fameuse flèche de Zénon, aussi je ne résiste pas à l’envie d’élaborer un peu à ce sujet.

Zénon vivait au temps d’Aristote et l’on s’aperçoit maintenant combien sa pensée rejoint les découvertes de la physique quantique. Zénon était le roi des paradoxes. Le plus connu est celui d’Achille et de la tortue. Nous y consacrerons peut-être une petite histoire un jour.

Le paradoxe de la flèche est le déni de la continuité de l’espace. Si de plus on admet que le temps est une entité discrète et infiniment divisible, une flèche en route vers sa cible doit passer par une infinité d’états pour parcourir la distance entre deux points ce qui est alors impossible puisque l’espace que peut occuper la flèche au cours de son mouvement n’est pas lui divisible à l’infini et donc la flèche reste immobile. Le mouvement est impossible.

Zénon voulait souligner par ses paradoxes que si le mouvement, le temps et l’espace étaient divisibles à l’infini sur des trajectoires continues, le mouvement serait impossible. Zénon est un visionnaire avancé des effets quantiques de la matière, du mouvement de l’espace et du temps. En effet, si nous en revenons au paradoxe de la flèche immobile, dans le cadre de la mécanique quantique et selon le principe de Heisenberg, une particule en mouvement n’a pas de position déterminée et en supposant que l’on observe continuellement si une flèche quantique a quitté la région d’espace qu’elle occupe, elle ne quittera effectivement jamais cette région par l’effet de l’observation elle-même. Le mouvement, le temps et l’espace n’existent plus fondamentalement au niveau quantique.

Zénon était un philosophe précurseur car il sentait bien que tous les malheurs de l’humanité n’étaient que la conséquence malheureuse d’une pensée figée, de fausses croyances en une logique imperturbable qui devient inconsistante à un niveau plus fondamental. Nous ne voyons et nous ne raisonnons qu’en fonction de nos attachements et de nos connaissances réactionnelles accumulées qui n’ont rien en commun avec la vérité essentielle à laquelle nous sommes aveugles. Et les gens d’en bas ne sont pas, eux aussi, malheureusement dépourvus de réactions stupides dans leurs votes par exemple.

La crise n’est qu’un effet d’optique aux conséquences malheureuses bien réelles car entretenues et voulues par le système. Cela s’appelle la politique des caisses vides. Le rapport entre la Crise et la flèche immobilisée à jamais est le suivant. Pour cela je cite SZarah :

« Disons que la Crise est en crise. Son cycle moteur (déclenchement, aggravation, paroxysme, résolution) s’est accéléré au point de former un tout et l’intervalle entre deux crises s’est réduit au point que la crise est devenue permanente. »

Aucune solution ne peut marcher, nous continuerons à perdre des A’s ! Pessimisme ? Non, car au niveau essentiel et fondamental cela n’a pas véritablement d’impact et que la solidarité s’organisera entre les gens d’en bas pour que nous n’en subissions pas les conséquences les plus éprouvantes ou tout du moins je l’espère.

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 19/01/2012, dans réflexion. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Zénon, Crise et Dégradation.

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