Le bonhomme de neige

La neige a blanchi les toits et décoré les arbres ce matin. Lili la regarde et les souvenirs remontent à sa mémoire. Il y bien, bien longtemps dans le début des années 40, quand Lili avait deux ans et demi, elle voulait lécher la neige croyant que c’était du sucre en poudre. Elle se remémore aussi le bonhomme de neige que son père avait construit cette année là dans la cour de l’école un dimanche. Lili habitait un appartement au dessus de l’école où exerçaient ses parents. La cour de l’école était aussi son terrain de jeu quand les écoliers n’y étaient pas. Comme il était beau ce bonhomme. Il était plus grand qu’elle et à ses yeux c’était une merveille. Il possédait une carotte en guise de nez, une vieille écharpe autour du cou et un vieux chapeau noir sur sa tête, deux boulets de charbons pour les yeux, un vrai miracle d’art pour ses yeux d’enfant. Le lendemain matin la neige et le froid était encore là. Les hivers pendant la guerre, comme par hasard, étaient très rigoureux. Malgré tout quand Lili se réveilla et regarda dans la cour, son bonhomme de neige avait disparu. Seule la carotte rouge traînait sur la neige durcie par le froid et le piétinement des écoliers. Son père avait du ramasser le vieux chapeau et l’écharpe et même les deux boulets de charbon, denrée utile en temps de guerre. Le pauvre bonhomme avait servi de ressource facile pour les batailles de boules de neige avant l’entrée en classe du matin. Lili était offusquée. Comment pouvait-on oser détruire une telle œuvre d’art ? Ce fut certes un premier contact douloureux avec le manque de respect contemporain pour l’art et les artistes.

Il y avait encore plein d’autres souvenirs d’enfance et de neige, des souvenirs qui passent rapidement dans la tête de Lili chaudement assise avec son tricot au coin du feu. Par exemple quand elle était enfant, elle se demandait si le printemps et l’été n’étaient pas à jamais disparus. Alors ces vers d’une chanson de Barbara reviennent aux lèvres de Lili :

« Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris…»

Le retour des fleurs, du soleil, de la joie … de l’amour et de toutes ces choses qui s’en vont et qui heureusement souvent reviennent comme les petites marionnettes des comptines de l’enfance :

« Ainsi font, font, font,
Les petites marionnettes,
Ainsi font, font, font,
Trois p’tits tours et puis s’en vont. »
Mais elles reviennent et c’est un des miracles de la nature : le miracle du retour et de la régénération.

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 02/02/2012, dans enfance. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Barbara dit aussi  » que tout ce temps qui passe …. ne se rattrape guère …. etc  » Vivement le printemps ! 🙂

  2. Oh oui vivement le printemps ! Même si je ne suis pas fan de Barbara….hihihi

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