Grimper la montagne

Léa grimpe sur le versant d’une montagne. Elle ne sait pas ce qui l’a conduit à débuter cette marche. Elle grimpe au milieu des prairies. C’est la fin de l’hiver. La neige fondante a créé des petits ruisseaux un peu partout. Il est heureux que le chemin que Léa a emprunté ne soit pas trop boueux. Elle regarde ses pieds chaussés de grosses chaussures de marche. Tout va donc bien côté pieds. Une dizaine de vaches s’approchent du chemin. Encloses dans leur prairie, elles n’ont guère de distractions et le passage d’un humain constitue un bon divertissement. Léa s’approche d’elles et les salue. Les vaches la regardent avec leurs beaux yeux si confiants. Léa poursuit son chemin. Le soleil est haut dans le ciel. Les oiseaux pépient. Des petites fleurs de myosotis commencent à poindre sur les côtés du chemin. Tout semble si harmonieux et si tranquille. Sans se poser de questions, Léa continue. Le village en bas dans la vallée commence à sembler tout petit. Léa continue.

Léa arrive à la lisère d’une forêt de feuillus. Le chemin devient plus étroit. Le soleil pénètre et joue avec les troncs d’arbres et le sous-bois mais il fait plus sombre. La boue colle aux chaussures. Léa continue. Elle ne sait toujours pas pourquoi. La forêt est silencieuse. Pas de chant d’oiseaux, pas de bruits furtifs d’animaux, pas de bruit de vent dans les feuilles car celles-ci ont disparu avec l’hiver. Soudain Léa sent la soif et la faim. Elle fouille dans les poches de son anorak et y trouve un paquet de mendiants qu’elle dévore avec avidité. Elle entend le bruit d’une cascade au loin. Elle voit alors qu’il y a un croisement avec un autre chemin un peu plus haut. Cet autre chemin semble se diriger vers le bruit d’eau. Sans se poser de question, Léa l’emprunte. Une centaine de mètres plus haut se trouve en effet une petite cascade d’eau de source. Léa boit l’eau qu’elle recueille dans ses mains jointes en coupe. Elle se sent mieux bien qu’un peu perdue. Peu importe car elle ne sait pas où elle veut aller ? : grimper plus haut sans aucun doute.

Le chemin continue plus haut. Léa continue. Les sapins se font plus nombreux et les feuillus plus rares. Le ciel se couvre de nuages. Tant pis Léa continue.

Maintenant il n’y a plus que des sapins. Léa arrive à la croisée de deux chemins. Lequel prendre ? « Comme je ne sais pas où je vais, cela importe peu se dit Laura.» L’essentiel semble être de continuer à monter. Pourtant elle emprunte le chemin qui semble le moins rude et elle continue.

Elle arrive à la fin de la forêt. Seuls des tous petits sapins parsèment des éboulis de cailloux. Le sentier disparaît. Des petites plaques de neige ça et là jonchent le sol. Le vent se lève. De gros nuages noirs couvrent le ciel. Léa aperçoit au loin une lumière. Sans doute celle d’une ferme auberge se dit Laura. Elle va pouvoir se restaurer et se reposer avant de continuer.

C’est alors qu’un rayon de soleil dans ses yeux éveille une Laura qui se retrouve chez elle dans son lit. «Quel rêve étrange ?» se dit Laura. « J’aimerais bien pouvoir arriver à la lumière et à l’auberge et pouvoir atteindre le sommet un jour peut-être.»

Vous pouvez tenter d’interpréter le rêve de Laura, voire de le continuer si cela vous tente. Laura quant-à elle refait son rêve sur le mode lucide de temps en temps le soir avant de s’endormir. Elle l’agrémente de fleurs, d’animaux, de rencontres avec d’autres grimpeurs, de bergers, de fées et de lutins. Elle n’a pas encore atteint l’auberge et la lumière mais elle continue.

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À propos de chiendentbel

âgée mais éternellement jeune !

Publié le 13/03/2013, dans sérendipité. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Grimper la montagne.

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