Archives de Catégorie: enfance

Innocence

16962057-Verre-de-vin-rouge-et-une-bouteille-sur-fond-blanc-Banque-d'images
Noël c’est la bombance : le foie gras, les chocolats, … le champagne et les vins fins dont il n’est pas toujours facile d’ôter le bouchon. Noël est aussi et surtout le souvenir de l’innocence qui se trouve en chacun de nous. Le petite histoire qui suit peut être vue comme la célébration tout à la fois des grands vins et de l’innocence. Les enfants de Beaune le confirment.
Dans une école de Beaune, l’institutrice apprend aux élèves les mesures de capacité.
> > Elle arrive aux mesures des liquides et dit :
> > –  » La plus petite, c’est………… le millilitre.  »
Puis viennent le centilitre, le décilitre, et la mesure de base qui est ….?  »
> > –  » Le litre !  » crient les enfants.
> > –  » Très bien. Et qu’y a-t-il au-dessus du litre demande l’institutrice ?  »
Et toute la classe en chœur répond : Le bouchon !

Vive Noël et vive le vin de Beaune !

Éducation matrimoniale

Dans sa prime enfance, Betty avait un joli filet de voix. De plus, elle était blonde mignone et toute bouclée. Bref, elle était mignonne sur scène et ses parents n’hésitaient pas à exploiter ses talents pour l’exhiber lors des fêtes scolaires. Elle doit s’estimer heureuse de n’avoir pas habité près de Hollywood !

Cette année là Betty eut l’occasion de faire son éducation matrimoniale, pas vraiment celle qu’il faudrait pour aimer mais voyons cela.

Betty devait chanter sur scène la chansonnette dont je vais commenter les paroles. Le refrain est le suivant :
Je voudrais un mari
Docile et sans reproche
Qui aille dans ma poche
Un vrai petit mari

Donc il faut trouver un mari docile. La docilité n’est pas particulièrement une qualité virile. D’ailleurs mon père était docile et ma mère qui ne mettait pas en évidence cette qualité le lui reprochait inconsciement et les enfants qui savent tout le sentent bien.

Le refrain continue ainsi :
Je le voudrais petit
Mignon et bien gentil
Et qui ne grogne pas
Surtout comme papa !

Naturellement les rires fusaient dans la salle et Betty n’appréciait pas l’humour de la situation.

Passons au premier couplet :
Je veux dans ma maison
Agir à ma façon
Régner, gouverner à ma guise
Sans faiblesse chez moi
J’entends faire la loi
Tant pis si cela le défrise

C’est madame qui doit faire la loi !

Le couplet suivant asservit le mari aux tâches ménagères et maternelles :
Il devra s’occuper
De promener bébé
Et de tous les soins du ménage
Levé de bon matin
Il devra, c’est certain
Mettre tout son cœur à l’ouvrage.

Et de plus il doit faire honneur à madame :
J’exigerai de lui
Qu’il soit toujours bien mis
Astiqué des pieds à la tête
Qu’il soit gai et rieur
Toujours de bonne humeur
Et que jamais il ne s’entête.

Voilà le mari transformé en âne dans le couplet suivant :
Quand j’irai au marché
Pourquoi vous le cacher ?
Je veux aussi qu’il m’accompagne
Comme un petit baudet
Je lui ferai porter
Les fruits que produit la campagne.

Disons que les exigences du dernier couplet sont fondées.
Je veux, sachez-le bien
Qu’il soit tendre et câlin
Oui, mais avant tout bien fidèle
Je veux qu’aux yeux de tous
Des moqueurs, des jaloux
Qu’il serve en tout lieu de modèle.

Mais je ne sais pas si avec la mégère décrite dans les premiers couplets un mari peut être tendre et fidèle ! Pauvre petite Betty pas vraiment préparée pour une vie de couple satisfaisante ! Il est vrai qu’aucune petite fille ne l’est.

Pipi, pipi et encore pipi

La pisseuse de Rembdrandt
D’après La pisseuse
de Remdbrandt Picasso

Un grand psychanalyste a affirmé que nous, pauvres femmes, envions l’organe sexuel masculin. Je ne suis pas certaine de l’envier mais pourtant je voudrais bien pouvoir faire pipi debout un peu n’importe où quand le besoin s’en fait sentir. Un jour en revenant du marché, j’ai vu un homme se soulager sans vergogne tout droit dans une poubelle en plein centre ville. Quoique j’ai aussi vu une femme à longue jupe ample écarter les jambes au dessus d’un caniveau bien droite et très fière signalant son fait par un coulis jaune d’or. Les pantalons ou les jupes courtes et moulantes ne permettent pas ce genre d’exercice. En plus il ne faudrait pas porter de petite culotte ce que toute bonne éducation des fillettes interdit !

Cherchez les toilettes publiques en ville. Je vous souhaite bien du courage. Il faut courrir les grands magasins ou les cafés et bienheureuses si vous ne devez pas trouver de la monaie ou de consommer pour avoir le droit d’utiliser les toilettes. C’est une bonne raison d’aimer la campagne ou l’on peut toujours s’accroupir dans un chemin creux ou derrière des buissons. Il faut cependant faire attention de ne pas se faire piquer par des orties, des aoûtats, des moustiques ou des tiques : toutes ces petites bêtes semblent apprécier les fesses rebondies ou pas.

150px-Fontaine_Cornet_Besançon

Il me faut avouer que le problème s’accentue avec l’âge. Je ne peux pas entendre un bruit d’eau sans qu’une envie pressante me tenaille. J’ai maudit la fontaine qui ornait une place à l’entrée de la rue où nous habitions il y a quelques années. Je devais parcourir la centaine de mêtres de la rue en serrant les fesses et en mouillant mon slip ! Pourtant sur la fontaine est gravée la devise : «UTINAM» ce qui signifie «Plût à Dieu». Je ne crois pas que le résultat dans mon cas plaisait à Dieu mais qui suis-je pour savoir ce qui plaît à Dieu !

Chaque fois que je dois m’accroupir dans l’herbe, j’ai une pensée émue pour mon oncle chéri qui aimait nous chanter, quand nous étions enfant la comptine coquine qui énonce :


J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les coccinelles
J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les papillons

Pipi, gazon, papillons, coccinelles
Pipi, gazon, coccinelles, papillons

J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les coccinelles
J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les limaçons

Pipi, gazon, limaçons, coccinelles
Pipi, gazon, coccinelles, limaçons

J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les coccinelles
J’fais pipi sur l’gazon
Pour arroser les papillons

Pipi, gazon, papillons, coccinelles
Pipi, gazon, coccinelles, papillons.

Trous de vers

Tom, 10 ans est un passionné de science et il a le droit d’écouter France culture le samedi soir et en particulier l’émission intitulée «La conversation scientifique». Ce soir là il y entend parler des univers multiples, des trous de vers et autres théories cosmologiques et il s’endort ensuite pour se retrouver dans une verte prairie en compagnie d’un lapin blanc qui le regarde avec intérêt.
« J’ai compris que tu voudrais bien aller visiter des univers parallèles.»
lui susurre le lapin blanc. Mais, lui répond un Tom sur un ton doctoral et pas du tout déconcerté par une conversation avec un lapin, « c’est impossible de passer par les trous de vers qui relient les univers car il faudrait posséder un corps quasiment microscopique et il serait soumis à une attraction différentielle si intense que le corps se déchiquetterait.»
« Ne soit pas si négatif !» lui répond le lapin. « Il te suffit de goûter aux petits champignons blancs que tu vois dans le pré pour obtenir un corps apte à s’enfiler par les trous de vers et ressortir indemne. A coté des champignons tu trouveras un trou de ver et tu n’auras plus qu’à t’y glisser sans encombre. Bon voyage !»

Tom ne se le fait pas dire deux fois. Il se précipite vers les champignons blancs, les déguste lentement, trouve le trou de ver à proximité et s’y introduit sans problème.

En vertu de la loi des attractions des corpuscules, Tom se retrouve alors implanté dans le corps d’un de ses alter ego qui vivait alors dans un des multiples univers parallèles. Comme cela fait bizarre d’être tout à la fois lui-même et un autre ! Cet autre Tom qui s’appelle Axel l’accueille dans son cœur. Tom sent alors une douce chaleur l’envahir. Axel est choyé par deux parents jeunes et aimants et il a un frère et deux sœurs plus jeunes. Tom est un enfant unique. Ses parents l’aiment mais ils viennent de se séparer aussi Tom se sent abandonné et solitaire. Il envie Axel mais les parents et frères et sœurs d’Axel ne sont pas les siens. Tout en jouant avec eux une partie endiablée de cache-cache Tom emprunte un trou de ver pour continuer son exploration des univers parallèles.

Il arrive alors chez un autre Tom qui était l’enfant d’une famille très riche. Il y a une piscine et un tennis dans la propriété. Conducteur privé pour le conduire en Mercedes voir ses amis, sports d’hiver, cours particuliers, chaîne HiFi dernier cri, tablette tactile, tout ce dont Tom rêve est à sa portée … Il profite deux jour de cette vie de cocagne puis voit un trou de ver qu’il ne peut par curiosité s’empêcher d’emprunter.

Mais c’est un monde de désolation qui l’accueille. Ruines, cadavres jonchant les rues, coups de feu, cris effrayent notre Tom si fort qu’il se réveille dans son petit lit le cœur battant la chamade, tout trempé de sueur et très heureux que ce ne soit qu’un cauchemar.